Navigation rapide

Accueil > Collège & lycée > Le français en Première > Poésie et jeux langagiers > Poèmes saturniens de VERLAINE > Extraits des poèmes saturniens > MELANCHOLIA > L’angoisse

L’angoisse

2003

L’angoisse

Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champs
_Nourriciers, ni l’écho vermeil des pastorales
_Siciliennes, ni les pompes aurorales,
_Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
_Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
_Qu’étirent dans le ciel vide les cathédrales,
_Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j’abjure et je renie
_Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
_L’Amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
_Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
_Mon âme pour d’affreux naufrages appareille.