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A propos de l'auteur

  • Valérie Pérez

    Fondatrice de ce site et auteur de la majorité des articles mis en ligne.
    Professeur agrégée de Lettres Modernes.
    PRAG de Lettres à l’université de La Rochelle.
    Doctorat de philosophie en cours sous la direction de Laurence Cornu.
    Contact : http://www.facebook.com/profile.php ?id=1029724341
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Quelques occurrences du terme "opinion" dans De la Démocratie en Amérique

L’opinion donne à l’individu le sentiment d’exprimer son individualité, alors qu’en réalité, elle est partagée par le plus grand nombre. Chacun d’entre nous croit avoir une façon de penser originale, mais à travers l’opinion que nous formulons, c’est notre dimension grégaire que nous exprimons. Tocqueville parle alors de la tyrannie de la majorité que de l’opinion. En effet, dans une société, il y a toujours des intérêts divergents, notamment ceux des minorités. Ce que Tocqueville craint, c’est donc la tyrannie du plus grand nombre sur le plus petit nombre. En effet, la majorité est vraiment tyrannique dès lors qu’elle ne reconnaît pas les droits de la minorité.

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE II, Du point de départ et de son importance pour l’avenir des Anglo-Américains :« Des hommes sacrifient à une opinion religieuse leurs amis, leur famille et leur patrie ; on peut les croire absorbés dans la poursuite de ce bien intellectuel qu’ils sont venus acheter à si haut prix. On les voit cependant rechercher d’une ardeur presque égale les richesses matérielles et les jouissances morales, le ciel dans l’autre monde, et le bien-être et la liberté dans celui-ci. »

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE V, Du pouvoir exécutif de l’État : « Lorsque la puissance d’opinion, que les hommes sont convenus d’accorder à la loi, se trouve méconnue, le gouverneur s’avance à la tête de la force matérielle de l’État ; il brise la résistance, et rétablit l’ordre accoutumé. »

La tyrannie de l’opinion

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE VIII, En quoi la position du président aux États-Unis diffère de celle d’un roi constitutionnel en France

« Le président des États-Unis est responsable de ses actes. La loi française dit que la personne du roi de France est inviolable. Cependant, au-dessus de l’un comme au-dessus de l’autre se tient un pouvoir dirigeant, celui de l’opinion publique. Ce pouvoir est moins défini en France qu’aux États-Unis ; moins reconnu, moins formulé dans les lois ; mais de fait il y existe. En Amérique, il procède par des élections et des arrêts ; en France, par des révolutions. La France et les États-Unis ont ainsi, malgré la diversité de leur constitution, ce point de commun, que l’opinion publique y est, en résultat, le pouvoir dominant. »

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE VIII, Rang élevé qu’occupe la cour suprême parmi les grands pouvoirs de l’État

« Dans les mains des sept juges fédéraux reposent incessamment la paix, la prospérité, l’existence même de l’Union. Sans eux, la constitution est une oeuvre morte ; c’est à eux qu’en appelle le pouvoir exécutif pour résister aux empiétements du corps législatif ; la législature, pour se défendre des entreprises du pouvoir exécutif ; l’Union, pour se faire obéir des États ; les États, pour repousser les prétentions exagérées de l’Union ; l’intérêt public contre l’intérêt privé ; l’esprit de conservation contre l’instabilité démocratique. Leur pouvoir est immense ; mais c’est un pouvoir d’opinion. Ils sont tout-puissants tant que le peuple consent à obéir à la loi ; ils ne peuvent rien dès qu’il la méprise. Or, la puissance d’opinion est celle dont il est le plus difficile de faire usage, parce qu’il est impossible de dire exactement où sont ses limites. Il est souvent aussi dangereux de rester en deçà que de les dépasser. »

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