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La véritable histoire du petit chaperon rouge

par Tiphaine Dauchez

novembre 2006

Vingt ans après, l’aventure du petit Chaperon Rouge avec le loup a fait le tour du monde. Le petit chaperon rouge devenu célèbre malgré lui est devenu mère d’une famille nombreuse. Un jour, l’un de ses enfants rentre très excité de l’école. Sa maîtresse vient de lui raconter l’histoire du petit Chaperon Rouge. Lorsque sa mère entend la version de son aventure, elle est outrée : Quel mensonge ! La faire passer, elle, pour une misérable victime ? Ah ça non ! Jamais ! Elle décide donc, le soir même, de raconter, à sa progéniture réunie autour d’elle, sa version des faits, c’est-à-dire LA « véritable » histoire du petit Chaperon Rouge.

« Mes chers enfants, savez-vous que lorsque j’étais toute petite, je me suis faite dévorée par un loup ? A cette époque, il y a au moins vingt ans de cela, il y avait, à la place de la zone industrielle que vous connaissez, un bois immense, infesté de bêtes sauvages. Un beau jour ensoleillé de printemps, ma maman, me dit : « va, ma chérie, de l’autre côté du bois, porter cette galette et ce petit pot de beurre à ta chère mère-grand qui est souffrante ».
A ces mots, je sautai dans mon manteau rouge, enfonçai le chapeau de la même couleur qui me valut l’épouvantable surnom qui, depuis, ne me quitte plus, et partis en courant en direction du bois. Mais à peine avais-je posé mon soulier rouge dans cet endroit sombre et peu accueillant, que je me retrouvai nez à nez avec un loup. Ce dernier était énorme, il avait des pattes à assommer des brebis et une gueule à gober des petits cochons comme des raisins secs. Toutefois, il m’en fallait bien davantage pour m’impressionner, je décidai donc de passer mon chemin et d’ignorer sa présence. Mais le loup se fit insistant et revint se placer en travers de ma route. Je décide alors de lui raconter des histoires, je l’embobine, jusqu’à ce que, lassé de mon discours, le loup disparaisse. En réalité, ce roublard s’était mis dans la tête de me dépasser et de m’attendre chez mère-grand. La pauvre vieille dame n’avait pas du lutter bien longtemps car lorsque j’arrivai chez elle je trouvai l’ignoble monstre repus, couché dans son lit. Je compris immédiatement son manège : l’Infâme tentait de se faire passer pour mère-grand ! Certes, cette dernière avait bien de la moustache mais tout de même, je n’étais ni aveugle, ni folle ! Un bonnet de nuit, seul, ne suffisait pas à faire illusion ! Alors que je tentais d’attraper un gourdin pour l’assommer, je m’empêtrai dans mon manteau et le misérable en profita pour me sauter dessus et m’engloutir toute entière. Une fois dans la panse du loup, je me mis à hurler si fort qu’un chasseur qui passait par là m’entendit et vint nous tirer, grand-mère et moi, de ce mauvais pas.
Le loup fut découpé et dégusté sur le champ, accompagné de la galette et du petit pot de beurre.
A partir de ce jour, Mère-grand se fit livrer ses courses ».

Image de l’article : Photographie extraite du film publicitaire réalisé par Luc Besson pour le parfum N°5 de Chanel.