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Le petit Chaperon rouge par elle-même

par Rameha Aromaiterai

novembre 2006

_Mère, mère, regardez ce que j’ai dans les mains ! Un vieil article de journal relatant le jour où un bûcheron a sauvé une petite fille et sa grand-mère d’un méchant loup.
_Ecoute Jean, combien de fois dois-je te dire de ne pas me vouvoyer ! Tu sais très bien que je n’aime pas ces vieilles manières, cette pseudo bonne attitude, ça m’a porté préjudice et depuis, je suis moins naïve.
_Oui mais c’est Grand-mère qui insiste sur la chose !
_Comme par hasard ! Moi aussi, lorsque j’avais ton âge, j’étais très bien élevée… trop bien même ! Heureusement que M. Clark était là !
_Vous voulez dire que c’est le père de Grand-père qui vous a sauvé ?
_Oui, c’est bien cela ! Sans lui, le loup m’aurait complètement digéré et tu ne serais même pas de ce monde ! Quelle chance nous avons eu ce jour là !
_S’il vous plaît mère, racontez moi l’histoire ! S’il vous plaît…
_Mais pour quoi faire ? Tu n’as qu’à lire la version des frères Grimm et tu sauras toute l’histoire ! Mais bon, puisque tu insistes tant, je vais te détailler ce qui s’est passé dans la forêt.

Un jour, je m’en allais gaiement porter un morceau de gâteau et une bouteille de vin à ma défunte grand-mère, laquelle habitait de l’autre côté de la forêt. Ce jour-là le soleil tapait si fort qu’il me fallu porter un chaperon. J’enfilai le chaperon rouge, et me voilà partie vers la maison de Mère grand.

En arrivant dans le bois, j’aperçus le gabarit d’un gros animal, la bête était énorme, mais elle ne me faisait pas le moindre effet car à l’époque je ne savais pas ce qu’était qu’un loup. Il s’approcha vers moi comme un ami de longue date et me demanda où je m’en allais si gaiement. Je lui répondis toute bêtement que j’allais chez ma grand-mère pour lui porter un morceau de gâteau et une bouteille de vin car cette dernière ne se portait pas bien. La grosse bête me conseilla de prendre le chemin de droite.

La traversée de la forêt ne fut pas de tout repos, je croisai des écureuils, des lapins, des papillons…
Lorsque j’arrivai chez grand-mère, la porte était à moitié ouverte. Une voix plus ou moins imposante me demanda de m’approcher d’elle. J’exécutai la chose sans me poser de questions. C’est alors que je vis la silhouette du gros loup. De peur de me faire dévorer toute crue, j’exécutai chacun de ses ordres. Je m’approchais lentement de lui et me couchais à ses côtés.
C’est alors que débutèrent les exclamations qui ont fait ma renommée :

Comme vous avez de grands bras ! Comme vous avez de grandes jambes ! Comme vous avez de grandes oreilles ! Comme vous avez de grands yeux et enfin ce qu’il ne fallait pas dire, comme vous avez de grandes dents !
Je me fis dévorer aussi vite que le fut ma grand-mère ! Heureusement que M. Clark s’était rendu compte du complot établi par le vilain loup. Ce bon bûcheron découpa l’animal en morceau pour nous sortir de son ventre.

Autrefois, j’étais naïve mais désormais j’essaie de ne plus l’être. Si je réagis de la sorte avec toi, mon petit Jean, c’est pour ton bien !

Photographie de Sarah Moon pour Le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault. Paris, Grasset, "Monsieur Chat", 1983
Paris.
La Joie par les Livres, Centre national du livre pour enfants. Photo M. Urtado.